Consommateurs irresponsables : obsolescence profitable

Pendant que l’obsolescence sévit de plus en plus au fil des années, une grande partie des consommateurs pensent ne pas avoir d’impact sur la situation.

Alors qu’il est devenu courant que divers de nos produits sortent d’usines de prêt-à-jeter, on ne peut pointer du doigt seulement les industries qui les fabriquent, les consommateurs ayant également une part du blâme à porter en ce qui a trait de l’obsolescence.

Submergés par l’obsolescence!

 

Une responsabilité non-partagée selon beaucoup

Il est rendu commun de soutenir que la durée de vie des certains produits tels que les appareils électroniques et les appareils électroménagers (AEE) s’écourte de plus en plus. D’ailleurs, pour expliquer ce phénomène, beaucoup n’hésitent pas à accuser les entreprises qui génèrent ces produits de délibérément les concevoir pour qu’ils ne durent pas. Ceci s’intitule l’obsolescence programmée. Une étude pancanadienne est parue en mai 2018 par Équiterre sur l’obsolescence ainsi que sur la compréhension et le comportement des Canadiens par rapport au phénomène. Selon celle-ci, 86% des répondants estiment que la durabilité de leurs biens est volontairement réduite mais que moins de 50 % de ceux-ci croient qu’ils ont un rôle à jouer pour lutter contre le phénomène.

 

L’obsolescence ne peut être résumée qu’au rôle des industries

 

Une offre doit toujours répondre à une demande. L’obsolescence est la réponse aux habitudes de consommation de la population qui est donc également une part du problème, même si ironiquement, selon le point de vue du consommateur, il est victime de ce système. D’après l’étude d’Équiterre, en comprenant l’achat de plus de cinq appareils ou plus au fil des deux dernières années, près d’un consommateur sur cinq peut être considéré d’excessif. De plus, l’enquête semble démontrer également une tendance qu’ont de plus en plus les consommateurs de juger prématurément leurs biens encore utilisables d’obsolète, cela peut être pour des raisons esthétiques, psychologiques, ou bien de fonctionnalités techniques. Ensuite, lorsque les produits atteignent leur fin de vie, seuls 19% des répondants optent pour la réparation de leurs appareils électroménagers, et à peine 26% prennent la peine pour leurs appareils électroniques. Les résultats révèlent aussi que 80% des achats sont concentrés sur les appareils neufs, illustrant donc clairement que le réemploi est plutôt sous-coté. En achetant ces produits abondamment, le consommateur deviendrait donc une roue de l’engrenage encourageant le phénomène de l’obsolescence. C’est pourquoi, selon Annick Girard, chargée de projet principale à Équiterre, il est important de se responsabiliser dans sa consommation et essayer d’améliorer la situation à son échelle. « Nous ne disons pas que l’obsolescence programmée n’existe pas, mais elle est très difficile à démontrer. Établir la preuve, par exemple, peut s’avérer très long et très ardu. Sachant cela, il faut regarder ce que nous pouvons faire comme citoyens et comme consommateurs pour lutter contre l’obsolescence », souligne Mme Girard.

 

Une lutte s’impose


« En 2016, 44,7 millions de tonnes de déchets AEE étaient générées dans le monde, et d’ici 2021, il est prévu que ce volume augmente de 17 % »,  déclare l’étude d’Équiterre. Il devient alarmant de ralentir l’ampleur des conséquences que cause l’obsolescence, et pour y parvenir, chaque front devrait avancer. Les compagnies pourraient favoriser davantage la réparation de leurs produits et non seulement leur remplacement. Il pourrait aussi être exigé que les fabricants présentent eux-même la durée de vie de leurs appareils. La compréhension biaisée des consommateurs qui ne croient pas jouer un rôle dans ce phénomène indique qu’il pourrait être pertinent que le gouvernement prennent des initiatives pour sensibiliser et éduquer les gens sur leur consommation. Quant aux consommateurs, le bilan de l’enquête démontre clairement des habitudes d’achats abusifs chez une bonne partie des répondants, ainsi qu’une faible tendance au réemploi. Il est donc plus que temps que chacun essaie de consommer plus responsablement.

En attendant, dans vos prochaines emplettes, posez vous la question et pensez-y à deux fois: S’agit-il vraiment d’un besoin?

 

Luka Giroux Gonçalves

Sources :
Étude Équiterre
La pression populaire pour lutter contre l’obsolescence programmée
Photo : Équiterre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Aller à la barre d’outils