Publié 22 juin 2011 par Francis Girard dans Pédagogie
 
 

Mes valeurs ajoutées


Depuis un certain temps, les tableaux interactifs apparaissent et s’implantent dans les classes de tous ordres et milieux.  En plusieurs occasions, que ce soit des tables de réflexion, des formations ou des exploitations diverses, l’outil demeure la cible de critiques, commentaires ou réactions diverses.  Le questionnement est légitime et, déjà, on pourrait dire qu’il a évolué.  Au-delà de la tendance, comment ma réflexion a-t-elle changé ou grandi au regard de cet outil?  Un survol de mes réflexions…

Essentiellement, l’outil technologique se doit d’être au service du pédagogue.  Que ce soit un ordinateur, un TBI ou un autre périphérique, la question demeure la même.  Alors, en quoi cet outil apporte quelque chose de nouveau ou de différent?  Principalement de la simplification, du temps et des ressources.

Un TBI permet de piloter son ordinateur tout en exploitant son tableau à l’avant de la classe.  Dans ce paradigme de l’enseignement, les actions de l’enseignant sont facilitées par la combinaison d’une position de gestion de classe avantageuse tout en bénéficiant du mouvement naturel du corps en opposition aux glissements de souris.  L’activité de l’enseignant est dynamique, l’élève peut voir les mouvements dans la gestion de l’interface logicielle et non pas simplement un curseur qui se déplace mais un être humain, associé à une projection.  Il est possible d’écrire aisément, de façon naturelle, de dessiner, avant de réorganiser le tout, de le manipuler, de le transformer.  Cette position assure le partage, la modélisation, la construction collective d’apprentissages.

Bien que toujours dans le paradigme de l’enseignement, l’intégration des technologies de l’information et des communications est facilitée pour la classe.  En effet, pour plusieurs, l’utilisation de plusieurs ordinateurs exigent une gestion bien différente de celle d’un seul tableau.  Évidemment, une pédagogie qui intégrerait le tableau comme atelier pour quelques uns rendrait disponible un outil extraordinaire et ce, au même titre qu’un îlot d’ordinateurs qui donnerait accès au monde numérique pour quelques apprenants.  Cependant, dans une appropriation des TIC en classe, n’avoir à gérer qu’un seul accès peut faciliter le travail de l’enseignant.  L’univers numérique est partagé par tous simultanément.  L’accès à des informations, des ressources multimédias, des outils d’apprentissage est alors simplement piloté de l’avant, sans avoir à assurer un grand nombre de connexions au réseau, d’authentifications, d’échanges virtuels ou de communications diverses.  Une modélisation peut avoir lieu, en toute sécurité, tout en éduquant aux médias par la même occasion.  Dans cette situation, l’exploitation du TBI peut paraître en opposition à une flotte d’ordinateurs mais il s’agit plutôt d’une complémentarité.  Le passage d’un paradigme à l’autre n’est pas exclusif, il s’agit davantage d’un continuum où s’inscrit vraisemblablement une différenciation.  Par ailleurs, pour plusieurs enseignants, cela peut constituer un passage vers l’intégration des TIC en classe.  Le sentiment de contrôle n’est pas à négliger dans l’approche d’un changement de pratiques, il s’agit alors d’un levier pour s’approprier les technologies et développer le sentiment de compétence.

Bénéficier d’un ensemble de ressources tout en pilotant ses activités régulières pourrait, a priori, toujours s’effectuer à l’aide de d’autres outils mais là encore, la facilité est grandement bonifiée par l’exploitation d’un TBI.  Nul besoin d’effectuer des allers retours vers le clavier d’un ordinateur, nul besoin de recourir à plusieurs autres outils puisqu’à partir du tableau, il est possible d’appeler à la fois des références, à la fois des médias et les intégrer au déroulement sans autre effort que quelques clics.  Lancer la projection d’un manuel numérique pour illustrer une activité, recourir au dictionnaire en un instant, présenter une vidéo documentaire, toutes ces actions s’effectuent sans perdre de temps, sans transition difficile ou désorganisation, sans déroulement avec de trop grands écarts, lorsque les besoins et les situations apparaissent…

Pour passer au paradigme de l’apprentissage, il est heureux que le TBI puisse bénéficier d’un logiciel pour lequel la licence peut s’ouvrir à un nombre d’utilisateurs plus nombreux.  En effet, les mêmes outils se retrouvant installés dans un laboratoire, mobile ou non, il est alors possible pour l’élève de construire une représentation de ses apprentissages.  Tous peuvent alors le faire simultanément, au gré de leur rythme et de l’objet d’apprentissage.  Le TBI devient alors un lieu de partage pour la présentation d’information ou d’activités, partagées sur l’ensemble des ordinateurs.  L’élève devient alors le maître, l’espace d’un instant.

Ainsi, pour ces raisons, le tableau interactif m’apparaît être un bond vers l’avenir, une réduction de la fracture numérique entre l’école et la société.  Comme tout changement, l’appropriation de la nouveauté demande du temps et nous verrons assurément naître des aspects au fur et à mesure que cet outil atterrira dans les mains des élèves et des pédagogues.  Faciliter l’intégration des technologies en classe demeure et demeurera pour moi un atout que peu d’outils peuvent se vanter de procurer et cela, en toute simplicité…


Francis Girard

 
Conseiller pédagogique TIC Réseau des établissements scolaires de la Formation générale des adultes