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Publié 18 mai 2011 par Francis Girard dans Pédagogie et technologies
 
 

Tableau interactif et matériel didactique

À l’aube d’une intégration des tableaux interactifs dans un nombre toujours grandissant de classes, un questionnement m’apparaît incontournable.  Le matériel didactique doit-il être mis à jour? adapté?  Les règles de projection de contenus protégés par les droits d’auteur doivent-elles être adaptées pour faciliter l’exploitation de ceux-ci en classe?À l’aube d’une intégration des tableaux interactifs dans un nombre toujours grandissant de classes, un questionnement m’apparaît incontournable.  Le matériel didactique doit-il être mis à jour? adapté?  Les règles de projection de contenus protégés par les droits d’auteur doivent-elles être adaptées pour faciliter l’exploitation de ceux-ci en classe?

En effet, il est non seulement actuel d’y réfléchir mais aussi important de faire connaître les besoins de la classe afin que les créateurs et éditeurs puissent en tenir compte.  En enseignement-apprentissage, il importe sans conteste d’être soutenu par un matériel didactique adéquat.  Mais justement, la didactique demeure-t-elle la même avec un outil permettant l’exploitation interactive de ressources numériques?  Peut-on et doit-on enseigner de la même façon qu’avec des manuels plus traditionnels?  À l’ère numérique où le monde appelle à des créateurs de contenus, ne devrait-on pas exploiter un tableau interactif pour construire les apprentissages avec les apprenants?

Je crois certainement que le matériel didactique doit s’ouvrir à cette nouvelle réalité.  Non pas que l’enseignement-apprentissage n’ait jamais permis la construction de savoirs mais plutôt que les outils à mettre à la disposition des enseignants et des élèves doivent constituer des ressources libres d’exploitation, de reproduction, de modification et de création.  Il s’agit en fait d’offrir un matériel ouvert et libre qui évacue quelque contrainte que ce soit pour laisser libre cours aux manipulations, aux transformations et au partage.

Outre des leçons téléchargeables, on se doit de disposer de ressources numériques dont la didactique ne reposera que sur les intentions pédagogiques de l’enseignant.  La plupart des leçons interactives suivent une didactique dite traditionnelle, celle d’une présentation où l’intention ne laisse que peu de place à la flexibilité et l’adaptation.  Des ressources didactiques numériques se doivent d’être exploitables selon plusieurs intentions.  Par exemple, un texte doit pouvoir être manipulé, tant au niveau de la structure narrative que des groupes de mots.  L’on doit pouvoir extraire des éléments pour les intégrer dans d’autres contextes voire d’autres situations d’apprentissage de tous les domaines!  Une ressource multimédia doit permettre son réinvestissement dans une production d’élève, que ce soit une image pour illustrer un propos, une vidéo pour déclencher une présentation, une citation pour jouer un personnage.  On ne peut entrevoir l’exploitation d’un reportage sans pouvoir s’en servir dans un contexte où l’apprentissage sera au rendez-vous!  Les ressources didactiques, numériques et protégées devraient permettre au domaine de l’éducation de servir de matériel d’apprentissage afin que les enseignants et les élèves en disposent selon leurs besoins, sans entraves, positivement car librement.

Il doit y avoir assurément éducation aux médias.  L’exploitation de l’information doit être permise dans le contexte scolaire mais aussi encadrée, à savoir qu’afin de construire des créateurs de contenus, on doit leur permettre d’exploiter ceux-ci.  Les créateurs et éditeurs de contenus extérieurs à la classe doivent trouver une réponse à cette nouvelle réalité éducative.  Ils doivent miser sur la génération suivante pour leur permettre de réduire la fracture numérique qui demeure entre l’école et la société d’aujourd’hui.

Et vous, qu’en dites-vous?


Francis Girard

 
Conseiller pédagogique TIC Réseau des établissements scolaires de la Formation générale des adultes