Impact de notre enseignement sur les apprentissages en numératie (Sens du nombre)

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Par Mario Renauld

Nadine Bednarz et Bernadette Janvier, dans un article écrit au début des années 1980, ont mis en évidence le fait que certaines pratiques ou conceptions liées à l’enseignement de la numératie entraînaient des difficultés chez les élèves. Voici quelques conceptions, pratiques ou présupposés entretenus, encore aujourd’hui :

  • Si, très tôt dans le parcours des élèves, je montre, explicitement, le sens à donner aux différents chiffres dans un nombre et que je les fais régulièrement s’entraîner à des exercices de dénomination (ex. : Dans 525, j’ai 5 centaines, 2 dizaines et 5 unités), ils seront plus habiles à comprendre notre système de numération.
  • Si, parallèlement à l’écriture des nombres, j’illustre ceux-ci par des dessins ou par du matériel parfaitement ordonnés, l’élève visualisera et donc, comprendra mieux le sens à donner aux nombres et aux chiffres à l’intérieur de ceux-ci. (ex. : 253 → □□ IIIII …)
  • Si, comme équipe école, nous découpons le travail sur les nombres par niveau en partant des petits nombres vers les nombres plus élevés (ex. : 1re année – 0 à 69; 2e année – 0 à 100; 3e année – 0 à 1000). Cela facilitera l’apprentissage des élèves.
  • Si, lors de l’utilisation du matériel, je m’assure que les élèves puissent d’abord bien représenter les nombres avant de leur demander d’opérer sur ceux-ci, cela évitera bien des confusions.

Face à ces conceptions, pratiques ou présupposés, les auteures démontrent, exemples à l’appui, que les élèves développent une compréhension faible du principe de numération et même, dans certains cas, des conceptions erronées. Voici ce qu’elles en disent.

Les élèves, habitués à dénommer machinalement les chiffres à l’intérieur des nombres, accordent une plus grande importance à l’ordre des chiffres dans les nombres qu’au groupement qu’ils désignent. De plus, confrontés à une utilisation du matériel ou des dessins essentiellement axée sur la représentation des nombres, souvent calquée sur la correspondance ordonnée et terme à terme des chiffres qui s’y trouvent, les élèves ne voient pas ou peu l’intérêt d’utiliser spontanément ce matériel. En effet le matériel devient une illustration redondante de ce qu’il représente :

tableau

De plus,  l’utilisation du matériel basée sur la représentation des nombres, séparée d’un travail simultané sur les opérations appliquées sur ceux-ci, ne favorise pas une compréhension approfondie de notre système de numération.

Enfin, le découpage arbitraire de la séquence d’apprentissage des nombres par année scolaire, ne favorise pas une compréhension approfondie de notre système de numération. En effet, celui-ci étant fondé sur l’emboîtement successif des divers groupements (10 unités dans une dizaine, 10 dizaines dans une centaine, etc.), l’étendue des nombres traités devraient permettre de voir ces emboîtements apparaître.

Pour accéder à l’article complet, cliquez ici.

Dans un prochain article, nous aborderons les propositions des deux auteures afin de favoriser une meilleure compréhension chez les élèves des principes propres à notre numération. Des activités y seront proposées.

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